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Appels à contributions

Appel à contribution pour la revue Tsingy (Pour le numéro 22, publication au deuxième semestre 2018)

L’OCÉAN INDIEN, UNE ZONE PÉRIPHÉRIQUE DANS LES CONFLITS DES XXe et XXIe SIÈCLES ?

Les enjeux de la guerre au Yemen aujourd’hui sont-ils moins importants que ce qui se joue en Syrie, ou au Sahel ? L’Insurrection de 1947 à Madagascar, la guerre d’Indépendance au Mozambique ont-elles été trop précoces ou trop tardives pour incarner les luttes de la décolonisation ? L’expérience combattante des Réunionnais, des Malgaches est-elle « périphérique » par rapport à celle d’un Sénégalais ? … Nous pourrions multiplier les exemples, que ce soit pour les guerres mondiales, les luttes coloniales, la guerre froide ou les conflits actuels : dans tous les cas, il semble que l’ouest de l’océan Indien ne soit vu que par le prisme de sa position périphérique…

L’année 2018 qui se profile devant nous sera sans nul doute riche en manifestations et commémorations autour de ce que d’aucuns envisagent comme l’évènement matriciel du XXème siècle : la fin de la Grande Guerre. Certes, l’année 1918 entérine la fin d’une époque mais elle peut également être envisagée comme l’amorce d’une nouvelle conception du monde et de nouvelles formes de conflictualités qui dépassent très globalement les lectures classiques sur les phénomènes guerriers. En effet, si l’histoire de la guerre a longtemps été associée à celle de l’état, à celle des relations entre les États, elle peut désormais se lire comme une histoire renouvelée des formes du conflit et met en évidence de nouvelles perspectives sur les relations antagoniques entretenues entre des acteurs de plus en plus diversifiés et dépassant le seul cadre des structures étatiques. Cependant, en comparaison avec la « violence de guerre » exprimée et conceptualisée pour d’autres aires géographiques, les conflits de la zone indiaocéanique au XXème siècle semblent quelque peu marginaux ou tout moins perçus comme une manifestation périphérique d’enjeux plus globaux. L’objectif de cet appel à communication est donc de revisiter la place de l’ouest de l’océan Indien dans les conflits du XXème siècle, et d’ouvrir la réflexion sur ceux du XXIème siècle naissant. Si la participation des empires présents dans la zone océan Indien dans les conflits mondiaux a déjà fait l’objet de nombreux travaux, un certain nombre de chantiers restent encore ouvert autour notamment des identités militaires et leur adossement à des identités politiques sociales émergentes. Il en est de même de la patrimonialisation des phénomènes guerriers et de la transmission d’une certaine mémoire militaire mobilisant tout à la fois des institutions et des acteurs variés. D’autres champs d’investigation semblent tout aussi porteurs sur l’expérience vécue des civils – hommes et femmes – et leur capacité à se mobiliser pour participer délibérément ou non à l’effort guerrier. Les conflits coloniaux et postcoloniaux ouvrent des perspectives nouvelles sur un empan chronologique qui recouvre la seconde moitié du XXème siècle et des aires géographiques étendues. En 1971, l’ONU adoptait la résolution 2832, qui faisait de l’océan Indien « une zone de paix ». En pleine guerre froide, le texte demandait aux grandes puissances « d’arrêter le processus d’escalade et d’expansion de leur présence militaire », « d’éliminer » de cette mer hautement stratégique « toutes les bases militaires » et de mettre fin à « la mise en place d’armes nucléaires ». Une mise en marge de l’océan Indien dans la guerre froide qui explique la faible lisibilité du rôle de la base de Diego Garcia, comme des conflits au Mozambique. Les nouvelles conflictualités de l’après guerre froide sont également à prendre en compte. Les Seychelles, la Somalie, le Yemen, l’archipel des Chagos sont ainsi devenus des zones de tensions qui réinterrogent la notion de périphérie selon des considérations géopolitiques de plus en plus globalisées. Ces tensions mettent en évidence une conflictualité qui dépasse le seul cercle des enjeux politiques. Il sera également intéressant de s’interroger sur l’origine endogène des conflits, même lorsqu’ils s’intègrent dans une dimension plus vaste. Que ce soit dans l’analyse des conflits eux-mêmes (y compris bien sûr dans leur dimension militaire) comme dans la prise en compte de l’expérience combattante ou de l’impact sur les populations de ces conflits, l’objectif de ce dossier est de s’interroger sur la pertinence de la notion de « périphérie » qui qualifie trop souvent les conflits dans l’ouest de l’océan Indien. Il conviendra dans ce cadre de confronter temps « local » et temps « mondial » (ou global).

Dans le cadre de la rubrique « Histoire de l’éducation et didactique de l’histoire-géographie » de la revue, une transposition de cette thématique dans les contenus d’enseignement est également envisagée.

Les propositions d’article (300 mots environ) sont à envoyer avant le 15 janvier 2018. Contact : garan.frederic@yahoo.fr

Les articles seront à adresser pour le 15 juillet 2018 Pierre-Eric Fageol, Université de La Réunion Frédéric Garan, Université de La Réunion Jean-François Klein, Université du Havre Tovo Rakotondrabe, Université de Toamasina

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