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Les bons et les méchants - Les représentations picturales et photographiques en histoire Journée d’étude des doctorants de l’École doctorale d’histoire moderne et contemporaine de Sorbonne Université I. Les bons et les méchants Si les historiens ne sont pas appelés à porter des jugements de valeur sur le passé, l’Histoire est régulièrement convoquée pour éclairer des faits et des figures humaines que la mémoire, la tradition historique ou les valeurs morales de la société contemporaine caractérisent comme bons ou méchants. Cette démarche tend à réduire le parcours des individus à des modèles compréhensibles en fonction des repères contemporains, portant ainsi un regard anachronique. Elle reste toutefois un réflexe naturel : lors de la confrontation avec un événement dont les ressorts ne sont pas immédiatement intelligibles, la première réaction peut être de le classer selon qu’on le considère acceptable ou non, Bon ou Méchant. Particulièrement à l’œuvre dans la construction mémorielle, ce mécanisme n’épargne pas l’Histoire, y compris dans sa dimension scientifique et objective. Nous avons donc souhaité interroger la pertinence historique de ce réflexe et réfléchir à ce qu’il nous apprend de notre relation à notre discipline, ainsi que de la manière dont nous contribuons à la construire.

Notre représentation individuelle et collective de l’Histoire est en effet remplie de figures tutélaires, dont la légende noire ou dorée sert de repères afin d’éclairer les événements et les sociétés passés. Cette répartition binaire des acteurs est rarement gratuite et véhicule généralement un message politique ou une vision particulière de l’Histoire, les « Bons » étant associés au progrès, au sens de l’Histoire tel que nous le percevons, les « Mauvais » aux forces rétrogrades qui le menacent. Quand bien même elle serait poursuivie avec la plus grande rigueur, l’objectivité historique ne permet pas d’effacer le regard et les représentations de l’historienne ou de l’historien, tout particulièrement lors des situations où des acteurs s’affrontent et se construisent l’un par rapport à l’autre.

Les communications pourront aborder, sans y être limitées, une ou plusieurs des questions suivantes :

Quelle est l’origine de la dualité entre les Bons et les Méchants ; cette dualité est-elle caractéristique de l’Histoire occidentale ? Cette distinction, héritée d’un manichéisme chrétien, se retrouve-t-elle dans les travaux historiques issus de traditions de pensée extra-européennes ? Est-elle remplacée par d’autres formes de dichotomies ayant un rôle moral, intellectuel ou social comparable ? Comment identifier les Bons et les Méchants d’un récit historique peut nous aider à mieux comprendre les inspirations religieuses, morales, philosophiques ou idéologiques d’une figure ? Comment l’analyse des modèles peut-elle permettre d’élucider la signification de cette figure et la tradition, l’idéologie dont elle est inspirée, y compris lorsque ce lien n’est pas explicite ? Comment se construit la légende noire ou dorée d’un personnage historique ? Est-ce une construction individuelle, partant d’un discours clairement identifié, ou une construction collective ? Bons et Méchants peuvent-ils exister indépendamment ou ne se définissent-ils qu’en opposition ? Dans quelles conditions et de quelles manières un acteur peut-il perdre sa qualité de Bon ou Méchant, voire glisser de l’une vers l’autre ? Cette question permettra d’aborder les processus et les logiques à l’œuvre lors de cette recomposition historiographique ou de l’évolution de la mémoire. Pourquoi avons-nous recours à ces deux catégories, la bonté et la méchanceté ? Quel est le rôle intellectuel ou social des Bons et des Méchants ? Cette catégorisation, qui fournit des héros et des modèles, concerne-t-elle avant tout les travaux de vulgarisation ou peut-elle être au cœur du travail historique ? Une Histoire sans Bons ni Méchants est-elle possible ? Est-il possible d’écrire l’Histoire sans avoir de modèle personnel de conduite ni d’affection particulière pour certains acteurs ? Est-il possible d’être objectif dès lors que l’on reconnaît un tel modèle ?

II. Les représentations picturales et photographiques en Histoire De la représentation picturale (peintures, dessins, croquis, esquisses, enluminures, gravures, fresques, caricatures…) à la photographie développée au XIXe siècle, les images permettent d’interroger les sociétés humaines. Loin de constituer uniquement des éléments corroborant les écrits étudiés par les historiens, les représentations picturales et photographiques sont à étudier comme des sources à part entière, non seulement témoins d’une époque et d’une société, mais également constructions sociales et politiques. Leur nature particulière fait des images des sources éminemment problématiques au sens où elles exigent de l’historien la capacité à dissocier le fantasme, voire le sensationnalisme, de la réalité. Il convient ainsi, lorsqu’on a recours aux images en Histoire, d’exercer également un travail sur soi et sur le raccourci facile et parfois involontaire entre image et copie du réel. Ces interrogations méthodologiques ont pour objectif d’inviter les participants à réfléchir sur le travail de l’image et avec l’image en Histoire, autour de plusieurs axes d’étude :

La création, voire la fabrication, de l’image. Une bonne compréhension de la représentation picturale et photographique implique en effet de connaître le créateur, mais aussi le commanditaire. En ce sens, l’étude du marché des représentations picturales et des photographies ne peut être que bienvenue. L’aspect technique contribue bien entendu à la réflexion sur la fabrication de l’image : le rôle des couleurs et du noir et blanc, mais aussi le talent particulier ou les compétences dont les créateurs font preuve et qui sont éventuellement exigés d’eux. Les communications devront analyser le type de création (artistique, sociale, culturelle, idéologique…) que constituent ces représentations picturales et photographiques. Les apports de l’histoire de l’art seront valorisés. La destination de l’image. Les participants sont invités à se demander pourquoi et pour qui, ces images ont été créées. La question du medium de diffusion de l’image ou de l’œuvre, de son support et même de l’espace d’exposition est par ailleurs nécessaire à l’analyse, cruciale, du pouvoir de l’image. Les participants sont encouragés à réfléchir sur ce pouvoir de l’image qui crée un biais de représentation et donc de réception. La réception de l’image. Il convient de comprendre comment une image en particulier est reçue, mais aussi comment l’image et la photographie elles-mêmes sont perçues, notamment dans leur rapport au réel. L’image fonctionne non seulement comme vecteur d’un message, mais aussi comme reflet du public à qui elle est destinée et qui la regarde. Les participants sont ainsi invités à travailler sur le rapport entre consommation de l’image (et dans ce cas, quel type d’image ?), alphabétisation et milieu social. Ils sont également invités à réfléchir à l’articulation de l’image et du texte. Le texte accompagne l’image, ou bien en est accompagné, et il s’agit de voir si la compréhension est facilitée par la représentation picturale ou au contraire rendue plus obscure. Ce lien entre création et réception peut également conduire à s’interroger sur l’existence de « codes » iconographiques et sur la création et l’adoption, par l’artiste comme par le public, d’un langage spécifique de l’iconographie.

Modalités de soumission Cette journée d’étude se déroulera à la Maison de la Recherche de Sorbonne Université (rue Serpente) le samedi 6 avril 2018 à Paris. Les propositions des doctorants et jeunes chercheurs seront privilégiées, particulièrement pour les doctorants de 1re et 2e année. Les propositions devront être validées par les directeurs de thèse. Merci de fournir un résumé comportant : un titre (même provisoire), une proposition de communication de 3 500 signes (espaces compris), les nom, prénom et courriel de l’auteur, ainsi que le titre de la thèse, le nom du directeur de recherche et l’année d’avancement dans les études doctorales.

Les propositions sont à envoyer jusqu’au 25 février 2018 à l’adresse suivante : doctorants.ed2@gmail.com.

Possibilité de publication Les communications retenues pourront, si leurs auteurs le souhaitent, être publiées sous forme de contributions au prochain numéro d’Enquêtes, revue de l’École doctorale d’histoire moderne et contemporaine de Sorbonne Université.

Comité d’organisation et de sélection de propositions Les représentants des doctorants de l’ED2 de Sorbonne Université Anh-Dao BUI TRAN, Jacques BURY, Emmanuel LEMÉE, Yseult MARTINEZ, Sylvain MARY, Élisabeth MORTIER, Pierre PORCHER, Sophie TEJEDOR, Julien WILMART. Avec le soutien du Pr. Reynald ABAD, directeur de l’ED2, du Pr. Catherine MAYEUR-JAOUEN, directrice-adjointe, et le concours de Fedoi CHAFIC, responsable administrative

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