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Débats et controverses

Le devenir des revues en sciences humaines et sociales reste un thème majeur pour la recherche. Nous publions ci-dessous une contribution au débat.

Cher(e)s collègues, voici la motion mise en ligne le 6 mars suite à la journée du 11 février sur les revues et la problématique de l’Open Access. Voir le site http://www.openaccess-shs.info/ Cette motion est ouverte à la signature d’autres revues (voir le lien ci-dessous). Bien à vous, de la part de la Revue d’Histoire moderne & contemporaine Open Access : Le travail scientifique en sciences humaines et sociales et le débat public fragilisés par les mesures préconisées par la Commission européenne Lettre ouverte des responsables de revues de sciences humaines et sociales de langue française à la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, à la ministre de la Culture et de la Communication, aux présidents des universités et des grandes écoles et aux responsables des grands établissements de recherche

Nous appelons à l’ouverture rapide d’une véritable concertation sur les enjeux de l’Open Access en sciences humaines et sociales ; la définition de périodes d’embargo suffisantes, permettant aux revues de choisir leur modèle économique (par exemple, en équilibrant le gratuit et le payant), est l’unique garantie de la diversité et de l’indépendance de la recherche scientifique et du débat public.

Nous, responsables de revues de sciences humaines et sociales, avons pris connaissance de la recommandation de la Commission européenne du 17 juillet dernier, concernant notamment l’Open Access. Dans ce texte, la Commission s’assigne pour objectif la diffusion en libre accès des « publications issues de la recherche financée sur fonds publics » dans les différents pays de l’Union. À titre transitoire, elle admet que le libre accès aux publications soit soumis à un embargo de 12 mois maximum, avant diffusion gratuite. Elle incite donc les États-membres à prendre les mesures nécessaires en ce sens.

Nous comprenons, bien évidemment, les objectifs de la Commission, notamment s’il s’agit d’améliorer les conditions d’accès à la création intellectuelle et à l’innovation scientifique et, pour tout dire, nous les partageons. Notre action quotidienne s’inscrit d’ailleurs exactement en ce sens, particulièrement quand nous participons, dans nos domaines d’activité respectifs, au développement et à la mise en valeur d’une science aussi riche et aussi diverse que possible.

Nous nous inquiétons cependant des conditions d’application éventuelle dans le domaine des sciences humaines et sociales d’un texte élaboré surtout pour remédier aux problèmes apparus dans le domaine des sciences de la matière et des sciences de la vie. Nous craignons, tout particulièrement, les conséquences que pourrait avoir l’instauration, au niveau national ou de façon décentralisée, établissement par établissement, de régimes qui obligeraient les enseignants-chercheurs et les chercheurs à diffuser gratuitement leurs publications via des sites d’archives ouvertes après une période d’embargo très courte.

À l’instar du Groupement français de l’industrie de l’information (GFII), nous voudrions rappeler que publier n’est pas éditer. Éditer des textes scientifiques demande, en effet, de les sélectionner, de les améliorer et de les valider via des échanges réguliers avec les auteurs, de « mettre en scène » – pour reprendre l’expression de Marcel Gauchet – les dossiers et numéros thématiques, de corriger les épreuves et de les mettre en forme, d’imprimer et de diffuser ces textes et/ou d’en assurer la « mise en ligne » sur des plateformes à haute valeur ajoutée (notamment en enrichissant les textes d’hyperliens et en diffusant largement les métadonnées), de veiller à leur promotion, etc. Cela demande également d’impulser des thèmes nouveaux, d’accueillir ou de repérer de jeunes auteurs et de participer à la circulation internationale des idées. Autant d’activités et de services à la communauté et au public qui ont un coût, et qu’il est donc nécessaire de pouvoir financer au risque de ne plus pouvoir assurer une édition de qualité.

Nous craignons que l’embargo proposé par la Commission – 12 mois après l’édition sur support « papier » ou électronique – ne se révèle tout à fait insuffisant dans le domaine des sciences humaines et sociales, où l’économie des publications n’est envisageable que dans la durée, pour permettre le maintien d’un grand nombre de revues académiques, alors même que celles-ci constituent un outil essentiel au débat public ; nous estimons aussi qu’au-delà des revues académiques, les autres domaines de l’édition du savoir en sciences humaines et sociales, notamment les revues de débat ou d’opinion, pourraient être, eux aussi, menacés dans la mesure où leurs auteurs sont très souvent rémunérés sur fonds publics.

Nous redoutons donc que les mesures préconisées par la Commission européenne ne se révèlent rapidement contre-productives, qu’elles ne contribuent à altérer la qualité des publications de sciences humaines et sociales et qu’elles ne participent à appauvrir le débat intellectuel, à porter atteinte à la diversité – essentielle – du paysage éditorial et à limiter l’indépendance des auteurs.

La recherche d’outils et de méthodes qui permettent d’améliorer la visibilité et la circulation des publications de sciences humaines et sociales est au cœur de notre métier et nous n’avons cessé de travailler à leur plus large diffusion, en profitant notamment des opportunités que crée le développement du numérique. Bien que très sceptiques par rapport à la pertinence, dans nos disciplines, du modèle « auteur-payeur », nous sommes prêts à étudier la pertinence d’autres modèles de financement alternatifs. Mais nous considérons qu’en l’état actuel, ces modèles en sont encore au stade de l’expérimentation et qu’il est peu probable que, même à terme, un seul modèle puisse se révéler adapté à la situation des différents types de publications de sciences humaines et sociales.

Nous nous permettons en tout cas d’attirer l’attention des responsables du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, du ministère de la Culture et de la Communication, des responsables des universités, des grandes écoles et des grands établissements de recherche sur le caractère sans doute irréversible des décisions qu’ils ont à prendre. Nous plaidons donc pour l’application, en la matière, du « principe de précaution », tant il est évident qu’à ce jour l’ensemble des conséquences des mesures préconisées par la Commission européenne n’a pas été étudié précisément.

En conséquence, nous appelons à la réalisation urgente d’une étude d’impact indépendante sur ces questions, étude d’impact qui devrait tenir compte à la fois des spécificités du domaine des sciences humaines et sociales et de celles des publications de langue française. Nous attendons aussi l’ouverture sans tarder d’une véritable concertation sur ces enjeux entre les acteurs publics précités, les associations de chercheurs, les sociétés savantes, les responsables des revues de sciences humaines et sociales et les éditeurs.

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Liste des premières revues signataires (liste arrêtée au 6 mars 2013)

@GRH (le comité de rédaction)

Actes de la recherche en sciences sociales (le comité de rédaction)

Annales. Histoire, sciences sociales (le comité de rédaction)

Archives juives (Catherine Nicault, rédactrice en chef)

Bulletin de l’institut Pierre Renouvin (Antoine Marès, rédacteur en chef)

Bulletin de psychologie (le comité de rédaction)

Cahiers de psychologie clinique (le comité de rédaction)

Cahiers Jaurès (le comité de rédaction)

Carrefours de l’éducation (le comité de rédaction)

Commentaire (le comité de rédaction)

Confluences Méditerranée (le comité de rédaction)

Connexions (le comité de rédaction)

Critique (le comité éditorial)

Critique internationale (le comité de rédaction)

Diogène (Maurice Aymard et Luca M. Scarantino, rédacteurs en chef)

Éducation et sociétés (Jean-Louis Derouet, rédacteur en chef)

Les Enjeux de l’information et de la communication (le comité éditorial)

Entreprendre et innover (le comité de rédaction)

Entreprises et histoire (le comité de rédaction)

Espaces et sociétés (le comité éditorial)

Esprit (Marc-Olivier Padis, rédacteur en chef)

Ethnologie française (le comité éditorial)

L’Expansion Management Review (le comité de rédaction)

Flux (le comité éditorial)

Gérontologie et société (Françoise Forette, directrice de publication)

Gestalt (le comité de lecture)

Hérodote (le comité de rédaction)

Histoire et sociétés rurales (le comité de rédaction)

Innovations (le comité de rédaction)

La Lettre de l’enfance et de l’adolescence (le comité éditorial)

Littératures classiques (le comité éditorial)

Marché et organisations (le comité de rédaction)

Matériaux pour l’histoire de notre temps (Association des amis de la BDIC)

Médium (le comité de lecture)

Mil neuf cent, Revue d’histoire intellectuelle (le comité de rédaction)

Mondes en développement (le comité de rédaction)

Mouvements (le comité de rédaction)

Nouvelle revue d’esthétique (Carole Talon-Hugon, directrice de publication)

Parlement[s], revue d’histoire politique (le comité de rédaction)

Pôle sud (le comité de rédaction)

Politix (le comité de rédaction)

Population et avenir (le comité de rédaction)

Projet (Bertrand Hériard Dubreuil, directeur de publication)

La Psychiatrie de l’enfant (le comité de rédaction)

Psychotropes (le comité éditorial)

Recherche et formation (le comité éditorial)

Relations internationales (Antoine Marès, président du comité de rédaction)

Repères, cahier de danse (le comité éditorial)

Réseaux (le comité de rédaction)

Revue archéologique (le comité éditorial)

Revue de synthèse (Éric Brian, directeur de publication)

Revue d’histoire des sciences humaines (le comité de rédaction)

Revue d’histoire littéraire de la France (le comité éditorial)

Revue d’histoire moderne et contemporaine (le comité de rédaction)

Revue du MAUSS (Alain Caillé, directeur de publication)

Revue française de linguistique appliquée (Hélène Huot, directrice de publication)

Revue française de psychanalyse (le comité de rédaction)

Revue française de socio-économie (le comité de rédaction)

Revue historique (le comité éditorial)

Revue philosophique (le comité de rédaction)

Santé publique (François Alla, rédacteur en chef)

Sociétés contemporaines (le comité de rédaction)

Staps (Gilles Bui-Xuan, président de l’AFRAPS – Nancy Midol, membre du comité de rédaction – Jacques Gleyse, rédacteur en chef)

Travail, genre et sociétés (le comité de rédaction)

Tréma (Jacques Gleyse, directeur de publication)

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