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La recherche sur le genre : enjeux et perspectives

Un appel à communication sur le thème : "Faire de la recherche sur le genre : enjeux et perspectives"

Le réseau international se tiendra du 22 au 26 juin 2015 à Brest sa sixième université d’été sur le thème « Faire de la recherche sur le genre : enjeux et perspectives » organisée par l’école doctorale sciences humaines et sociales (507) de l’université de Bretage occidentale. Les organisatrices de cette sixième université d’été du RéDoc incitent donc les doctorant-e-s à « chausser les lunettes du genre » pour analyser leurs problématiques et leurs données, même s’ils ne l’avaient pas fait auparavant. Elles les invitent à se demander s’il y a maintien, transformation, ou recomposition du genre et cela dans tous les domaines de la sociologie et, plus largement, des sciences sociales.

Annonce

Le Réseau international de tiendra du 22 au 26 juin 2015 à Brest sa sixième université d’été sur le thème « Faire de la recherche sur le genre : enjeux et perspectives » organisée par l’École doctorale sciences humaines et sociales (507) de l’université de Bretage occidentale. Argumentaire

Marcel Mauss notait en 1931 que « La division PAR sexes est une division fondamentale, qui a grevé de tout son poids toutes les sociétés à un degré que nous ne soupçonnons pas. Notre sociologie sur ce point est très inférieure à ce qu’elle devrait être. On peut dire à nos étudiants, surtout à ceux et à celles qui pourraient faire des observations sur le terrain, que nous n’avons fait que la sociologie des hommes et non pas de la sociologie des femmes ou des deux sexes » (p.15). Malgré la publication de plusieurs ouvrages, notamment par Margaret Mead et Simone de Beauvoir, d’éminents sociologues ont continué imperturbablement à ne réaliser des enquêtes qu’auprès des hommes ou de ne pas tenir compte de la spécificité des femmes qu’ils étudiaient (Chabaud-Rychter, Descoutures, Devreux, Varikas, 2010). Il a fallu attendre les années 1950 avec Andrée Michel (1956) ou Madeleine Guilbert (1966) pour que des sociologues étudient la place des femmes dans l’immigration ou dans l’industrie et montrent l’importance des attentes sexuées dans la spécificité de leurs positions. C’est cependant surtout à partir des années 1970, alors que pour la première fois les femmes étaient aussi nombreuses à entrer à l’université que les hommes, que la demande de Marcel Mauss a été entendue. Il arrive cependant encore aujourd’hui que des ouvrages sur « les jeunes » ou « les immigrés » omettent tout simplement de s’interroger sur la place des femmes dans ces groupes ou même ne fassent d’enquêtes qu’auprès des hommes.

Néanmoins, de nombreuses recherches se sont développées selon des options théoriques variées. Certaines ont continué à étudier les femmes pour montrer comment les spécificités de leurs situations continuaient à être occultées, que ce soit dans le travail (Maruani et Méron 2012) ou l’éducation (Duru-Bellat 1999). Christine Delphy (2001) a réintroduit le concept de patriarcat, issu de la tradition philosophique anglaise et utilisé par Max Weber, mais aussi celui de mode de production domestique, plus marxiste, pour comprendre les inégalités entre les sexes. Le patriarcat correspondrait à l’exploitation spécifique du travail domestique féminin et de leur sexualité par les hommes. Colette Guillaumin a inventé le terme de sexage pour évoquer le type de relation sociale qui en résulte (1992). L’école des rapports sociaux de sexe considère plutôt que le patriarcat et le capitalisme sont indissociables et étudie la division sexuelle du travail qui sépare et hiérarchise les sexes, y compris à l’échelle de la mondialisation (Falquet et al. 2010). Elle étudie donc conjointement rapports sociaux de classe et de sexe, voire de générations, évoquant la co-fabrication de ces rapports sociaux (Kergoat 2012). Le terme d’intersectionnalité lui est souvent préféré (Crinshaw 2005, Bilge 2009, Palomares et Testenoire 2011).

Le terme de genre appartient au vocabulaire français depuis longtemps. « Déjà, au seizième siècle, l’écrivain Henri-Corneille Agrippa de Nettesheim a utilisé le mot « genre » comme synonyme de sexe, quand il a parlé du « genre masculin » et du « genre féminin » pour désigner, non pas le genre grammatical, mais les catégories humaines des mâles et des femelles » (Offen 2006, p. 291). Néanmoins, sa réintroduction vise à abandonner l’arrière fond marxiste et un certain déterminisme des approches des années 1970-80 (Lefeuvre 2003). Aux États-Unis, le concept de genre provient en effet des travaux des psychiatres Money et Stoller (1978) sur des transsexuels qui montrent qu’il n’y a pas forcément correspondance entre le sexe biologique et l’identité de genre. Même si Kate Millett (1969) puis Erving Goffman (2002) utilisent le terme genre dans le sens de rapport hiérarchique entre les sexes, il est beaucoup plus indéterminé que ne le sont les concepts de patriarcat ou de rapports sociaux de sexe. L’historienne américaine Joan Scott (1988) explique ainsi qu’il s’inscrit souvent dans une posture déconstructionniste ou post-moderne, inspiré des travaux des philosophes français, Michel Foucault et Jacques Derrida, qui mettent au centre de l’analyse les discours producteurs des catégories de perception des différences entre les sexes lesquels vont s’imposer aux acteurs. Butler (1990) évoque ainsi l’idée que le genre relève de la performance et des normes et les approches queer se développent. Il faut ajouter que la mention du genre est devenu une obligation, au moins sémantique, dans le champ du développement et des politiques (Guérin et al. 2009 ; Touré 1997).

Aujourd’hui, après bien des débats (Hurtig et al. 1991), le terme est devenu un « mot-valise » polysémique (Chaperon 2003). Ainsi, le recensement sur le genre du CNRS français, qui a reçu plus de 1000 réponses, permet de définir les recherches comme relevant des « femmes », du « genre », des « rapports sociaux de sexe », de la « domination », du « masculin/féminin », des « identités sexuelles », de la « sexualité », de « l’égalité et des inégalités », de la « différence des sexes ». Les chercheur-e-s peuvent d’ailleurs indiquer plusieurs dénominations et les titres de leurs travaux manifestent cette labilité. Des recherches très variées, couvrant tous les domaines de la sociologie, se mènent désormais sous ce terme, comme le manifestent de nombreuses publications, l’existence de plusieurs manuels d’études sur le genre (Clair 2012 ; Jaunait et al. 2012) et de revues (Cahiers du genre ; Nouvelles questions féministes ; Recherches féministes, Travail, genre et société ; Clio ; Histoire, genre, sexualités). Cette pluralité rend nécessaire un travail d’explicitation théorique des enjeux qu’il recouvre.

Les organisatrices de cette 6e université d’été du RéDoc incitent donc les doctorant-e-s à « chausser les lunettes du genre » pour analyser leurs problématiques et leurs données, même s’ils ne l’avaient pas fait auparavant. Elles les invitent à se demander s’il y a maintien, transformation, ou recomposition du genre et cela dans tous les domaines de la sociologie et, plus largement, des sciences sociales.

En parallèle, cette université d’été fera appel aux meilleur-e-s spécialistes francophones ( liste des conférencières-invitées en pièce jointe) pour présenter avec rigueur la diversité de théories et d’objets de recherche sur le thème du genre. Elle montrera comment la prise en compte de la construction sociale des inégalités entre les sexes permet non seulement de prendre en considération tous les aspects de la société et pas seulement d’une partie mais aussi plus généralement de mieux comprendre les phénomènes étudiés. Elle se demandera aussi s’il reste une spécificité francophone dans les théories sur le genre et plus encore quelles sont les différences de perspectives entre les différentes régions de la francophonie.

À titre indicatif, voici quelques propositions de modules :

Art ; Actions collectives ; Âges et générations ; Education ; Famille, parentalité ; Loisirs ; Masculinités/féminités ; Politiques du genre ; Santé ; Sexualité ; Socialisation ; Sport ; Travail, métiers, professions.

Veuillez noter que les modules seront définis à partir des communications retenues. Modalités d’inscription

Cette université d’été s’adresse aux étudiant-e-s inscrit-e-s dans un programme de doctorat durant l’année 2014-2015 et intéressé-e-s par la question du genre.

Le nombre de participant-e-s à la session de formation étant limité, une sélection des candidat-e-s sera faite, sur la base des critères suivants :

qualité du projet de communication et lien avec la thématique ; pertinence de la thèse ; recherche d’un équilibre entre les écoles doctorales participantes.

Les doctorant-e-s intéressé-e-s sont invité-e-s à nous envoyer un dossier de candidature avant le 17 novembre 2014.

Le dossier de candidature comprend obligatoirement et en français :

1. le formulaire de candidature complètement rempli ;

2. un curriculum vitæ universitaire avec mention des travaux scientifiques et des éventuelles publications ;

3. une attestation d’inscription de l’école doctorale d’appartenance pour l’année 2014-2015 ou une preuve équivalente du statut de doctorant (ex. attestation du directeur de thèse) ;

4. la fiche de présentation de votre thèse et de votre projet de communication (utiliser le formulaire ci-joint).

L’envoi des dossiers (points 2-3-4) se fait :

par voie électronique : redoc@aislf.org ou par voie postale : Amélie Groleau, Département de sociologie, Université du Québec à Montréal, C.P. 8888, succ. Centre-ville, Montréal (Québec) H3C 3P8 ; Suivi des candidatures et des inscriptions : redoc@aislf.org

Les détails quant aux modalités d’inscriptions sont disponibles sur le site du RéDoc. Coûts de participation

Si leur candidature est retenue, les doctorant-e-s devront, dans les mois qui suivent leur sélection, payer un frais d’inscription à l’Université d’été (50 euros étudiants ED membre – 100 euros étudiants ED non-membre).

Les frais de voyagement et d’hébergement sont à la charge des participant-e-s.

Une possibilité d’hébergement à coût modique près du lieu où se déroulera l’Université sera proposée aux doctorant-e-s qui confirmeront leur participation. Comité scientifique

Jean-Marc Larouche, président du RéDoc et professeur à l’Université du Québec à Montréal, Sociologie Chantal Aspe, professeure à Université Aix-Marseille, sociologie Pierre Desmarez, professeur à l’Université libre de Bruxelles, sociologie Arlette Gautier, professeure à l’Université de Bretagne occidentale (Brest), sociologie Régine Oboa, professeure à l’Université Marien Ngouabi, (Brazzaville), sociologie Rahma Bourqia, professeure à l’université Mohammed V (Rabat), sociologie

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