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Le dernier livre de Hubert BONIN

Nous avons le plaisir de vous faire part de la sortie du livre de Hubert Bonin "La firme Schneider dans la guerre industrielle en 1914-1918". Il est paru aux Indes savantes (à Paris). Dans le cadre d’un programme de recherche sur l’histoire économique de la Grande Guerre, je me suis attaché au cas d’étude de Schneider, alors l’une des plus grandes firmes françaises [260 pages ; ISBN : 978-2-84654-524-2 ; prix : 28,00 €].

Présenter un ouvrage sur une grande société familiale pourrait paraître comme une sorte d’implication dans le fameux « roman national » dont le concept alimente bien des débats entre historiens durant les années 2010. Mais il faut prendre en compte tout d’abord que Schneider a été pendant un gros siècle l’une des plus importantes entreprises françaises, et donc qu’elle a été un levier puissant dans le mouvement de croissance et d’innovation, et qu’elle pèse lourd par conséquent dans l’histoire des entreprises et dans l’histoire économique dans son ensemble. Elle constitue un cas d’étude significatif, bien au-delà de la renommée qu’elle a pu atteindre jadis – jusqu’à la crise qu’elle a vécue elle-même dans les années 1960-1970 ou celles qu’ont subies ses successeurs dans les années 1980-1990. Il ne s’agit donc pas d’entretenir une sorte de « culte » à la grande entreprise, aux Schneider et à Schneider. Mais il est symbolique que le nom de « canon Schneider » ou de « Schneider » apparaisse souvent dans les récits de l’époque de guerre, dans les comptes rendus des réunions des grands responsables du pays et notamment de la politique de guerre industrielle, dans le cadre de ce qui devient « la guerre totale », marquée par son « déluge d’obus ». Il semble légitime qu’on reconstitue un pan de l’histoire de la société, celui qui s’insère dans l’édifice de l’histoire du « second front », celui de la guerre économique et industrielle. Schneider était l’une des plus grandes firmes françaises. Scruter ses activités, sa stratégie et sa gestion pendant le conflit est un levier pour la compréhension des enjeux des batailles technologiques, industrielles, humaines et financières. Un fort esprit d’entreprise explique des percées technologiques et des investissements en nouvelles usines à travers le pays (Bourgogne, Normandie, Gironde). Schneider est aussi fortement impliquée dans la coopération interalliée et en Russie. Elle incarne donc à la fois la puissance du patriotisme économique et une histoire internationalisée ou « connectée ».

Table des matières Chapitre I. Problématique et thématiques 1. Schneider entre roman national, histoire narrative et histoire d’entreprise 2. Une histoire de l’économie et de l’entreprise, loin de l’histoire sociale 3. De la narration aux analyses historiennes 4. Les objectifs du livre 5. En quête des sources de connaissance Première Partie. Schneider mobilisé dans la machine de guerre Chapitre II. Déjà un complexe militaro-industriel à la veille de la guerre 1. La poursuite des programmes d’artillerie 2. L’innovation en levier du progrès industriel 3. La cristallisation d’un bloc-amont aval Chapitre III. La mobilisation industrielle en 1914 1. Le choc de l’offensive allemande en 1914 2. La mise en place de l’action de guerre 3. L’afflux des commandes de guerre chez Schneider Deuxième Partie. La machine de guerre de Schneider Chapitre IV. La poussée de l’industrie lourde en 1915-1918 1. Le renforcement du pôle sidérurgique du Creusot A. La mobilisation des hauts fourneaux et de l’aciérie historiques B. Une nouvelle aciérie au Breuil 2. Schneider glisse plus encore vers la Normandie Chapitre V. Schneider dans la guerre de l’artillerie 1. Schneider et le canon de 75 2. Schneider avocat de l’artillerie lourde 3. Schneider firme-pivot de l’artillerie lourde A. Une association d’abord tempérée à la guerre d’artillerie B. L’essor des fabrications de canons en 1917 C. L’extension de l’appareil productif 4. Des usines Schneider au cœur de flux de pièces de canon A. Un système productif et logistique B. Un atelier Schneider à l’échelle du pays C. L’artillerie lourde, un défi à la gestion d’une organisation de firme 5. Un ruissellement des produits Schneider dans des centaines de sociétés 6. Le maintien du canon léger de 105L 7. De discrets travaux de réparation Chapitre VI. Le puzzle des mortiers 1. La percée des mortiers de 280 2. La percée des mortiers de 220 3. Un système productif réactif et innovateur Chapitre VII. La nébuleuse Schneider pour les pièces de rechange 1. L’enjeu de l’usinage de pièces A. Des flux continus de pièces de rechange B. Une soif inextinguible de pièces de rechange 2. Schneider industriel de pièces de rechange 3. Une intégration informelle entre public et privé 4. Une intégration informelle au sein du secteur privé : 5. L’art de gérer des productions mutualisées A. Animer des chaînes productives B. Des failles dans le processus d’intégration public-privé ou privé-privé Chapitre VIII. Schneider entraînée par la guerre des obus 1. Schneider bénéficiaire de gros marchés de guerre 2. Un réseau de sous-traitants 3. Schneider fournisseuse en amont 4. Des vagues incessantes d’investissements A. Reconversion et modernisation du forgeage B. Des machines impliquées dans la fabrication des obus C. L’élan donné à la fonderie du Creusot D. Une laitonnerie en 1916 5. Le site du Creusot au cœur de la guerre d’artillerie Chapitre IX. L’œuvre de Schneider symbolique de la guerre industrielle : le discours d’Albert Thomas au Creusot en avril 1916 Troisième partie Schneider et les forces alliées Chapitre X. Schneider en Russie durant la Première Guerre mondiale 1. La percée technologique et industrielle de Schneider en Russie avant-guerre A. La réponse de Schneider à l’enquête de la Mission Lutaud B. Un partenariat de plus en plus dense avec Putilov C. Vers un maillage ramifié de coopérations industrielles 2. L’intensification des partenariats techniques entre Schneider et des industriels russes A. Putilov en pleine action B. Les investissements de la Société russe pour la fabrication de munitions & d’armements 3. De grandes missions de partenariat technique en 1915 et 1916 A. Des missions de coopération en 1915 B. Des missions de coopération en 1916 5. La mise à l’arrêt de la coopération Chapitre XI. Schneider en levier de l’alliance militaire franco-russe 2. Schneider dans l’alliance militaire franco-russe 1. Des canons pour l’armée russe 2. Des composants techniques pour des usines russes 3. Des obus pour l’armée russe 4. Des mortiers Schneider pour la Russie 5. Des productions subsidiaires Chapitre XII. L’armement Schneider dans des armées alliées 1. Des canons Schneider en Italie A. L’émergence d’une coopération entre Ansaldo et Schneider B. Une coopération resserrée pendant la guerre C. Des usines italiennes dans la machine de guerre de Schneider D. Encore plus de canons Schneider sur les fronts italiens 2. Des canons Schneider en Serbie A. Un débouché déjà historique B. L’artillerie victime de la débandade serbe C. Des canons de montagne pour la Serbie D. Des flux de canons français d’origine diverse E. Des flux croissants de munitions 3. Des canons de 105 pour l’armée belge 4. Schneider impliquée dans la création d’une artillerie lourde nord-américaine Quatrième partie. Des pistes de diversification Chapitre XIII. La base girondine historique du groupe Schneider 1. La puissance des équipements du site historique 2. La reconversion rapide des Forges & chantiers de la Gironde 3. La relance de la mission historique 4. La mise en place d’une douillerie Schneider en Gironde (1914-1915) Chapitre XIV. Schneider dans la guerre des chars 1. Des cuirassés terrestres en appui aux assauts de l’infanterie 2. La percée des chars d’assaut : Schneider supplantée par Renault 3. Le groupe Schneider impliqué dans les chars légers Renault 4. Schneider reste dans la course des chars Chapitre XV. L’accentuation de la diversification 1. La révolution électrique accélérée par la guerre ? 2. Schneider engagée toujours plus dans l’industrie des transports 3. Schneider encore plus engagée dans la construction navale 4. Schneider dans l’aéronautique Cinquième partie. Les enjeux de la gestion du groupe Schneider Chapitre XVI. Schneider gestionnaire de flux logistiques 1. Schneider face à la crise des transports 2. Faire tourner la machine logistique Chapitre XVII. Les banques engagées dans les crédits transatlantiques du groupe Schneider 1. La constitution d’un syndicat de banques françaises 2. La montée en puissance des emprunts nord-américains Chapitre XVIII. Schneider dans le mouvement d’innovation industrielle 1. La guerre de l’innovation 2. La guerre des ingénieurs et chercheurs 3. La guerre de la productivité 4. Le taylorisme en guerre ? Chapitre XIX. Innover dans la gestion de firme 1. Un état-major civil dans la guerre 2. L’évolution du mode d’impulsion et de contrôle 3. Une gestion plus fine des ressources humaines A. Les aléas de la gestion des hommes et des femmes B. L’affaire des 1 310 ouvriers C. Les besoins des programmes d’artillerie lourde 4. Recréer et mobiliser une culture d’entreprise performante Chapitre XX. Considérations sur la situation bilancielle de Schneider au sortir de la guerre 1. Les tensions de la trésorerie de guerre 2. Une capacité de résistance financière Conclusion générale Schneider, un industriel dans la Première Guerre mondiale 1. L’industriel légitimé ? 2. L’industriel hors de l’économie libérale ? 3. L’industriel dans la machine de guerre 4. L’industriel investisseur 5. L’industriel victime des pénuries 6. L’industriel et la finance 7. L’industriel en réseau au cœur du grand patronat

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