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La question du devenir des formations... La nouvelle maquette du Capes d’Histoire-Géographie et celle du MEEF réduisent considérablement les savoirs scientifiques et disciplinaires

Indéfectiblement attachée depuis l’origine à l’excellence de la formation scientifique des professeurs d’Histoire-Géographie, fondement de leur autorité intellectuelle dont procèdent les autres formes d’autorité, l’APHG ne peut que s’élever contre la nouvelle maquette du Capes d’Histoire-Géographie et celle du Master MEEF* désormais préparé dans les ESPE**. Malgré les assurances de l’Institution (DGESCO*** et Doyen de l’Inspection générale d’Histoire et de Géographie), le Capes une nouvelle fois réformé, moyennant quelques corrections bienvenues par rapport aux catastrophiques innovations des gouvernements précédents, consacre le triomphe des sciences de l’éducation sur les savoirs disciplinaires en minorant drastiquement le poids de ceux-ci dans la configuration des épreuves écrites et orales et dans la préparation aux dites épreuves, réduite à la moitié des horaires jusqu’ici dispensés. Contrairement aux lénifiants propos de l’Institution, les préparateurs des universités seront bien en peine de « s’approprier » un nouveau concours et un nouveau diplôme dont les cadres contraignants les privent de toute marge de manoeuvre et les plient à une logique dite « professionnalisante » qui veut ignorer le fait que le socle de la « professionnalisation » est le savoir disciplinaire. De plus, le diplôme MEEF verrouille le « bloc recherche » en l’arrimant à la pratique professionnelle, privant ainsi les futurs certifiés d’une formation à la recherche historique ou géographique pourtant garante de leur réflexion d’enseignant sur la construction des savoirs. Enfin, la glose du président du jury contribue à opacifier derrière des « éléments de langage » propres aux communicants ce qui est attendu des préparateurs et des candidats déjà suffisamment désorientés pour s’éviter d’avoir à lire entre des lignes d’ailleurs lourdes de menaces. Il est en effet à craindre que « montée en puissance du concours » et « progressive adaptation des épreuves » cachent en réalité une disparition des questions de programme et des épreuves dites « académiques ». L’APHG ne peut que s’affliger de la surdité à ses demandes et de la duplicité qu’ont affichées ses interlocuteurs et s’inquiète fort de la qualité des futurs certifiés ainsi que de l’avenir d’un système qui tourne le dos aux nécessités du moment. Elle fera tout pour défendre les valeurs de haut niveau scientifique que réclame la formation des professeurs de la République.

Pour le Bureau national Franck Collard , Michel Kaplan vice- présidents de l’APHG, Professeurs des universités

*MEEF : métiers de l’enseignement de l’éducation et de la formation **ESPE : Ecole supérieure du professorat et de l’éducation. ***DEGESCO Direction de l’enseignement scolaire

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